Bokurano

Bokurano
Synopsis

Pendant les vacances d'été, un groupe de 8 garçons et 7 filles s'aventure dans une grotte. Au fond de celle-ci un homme étrange, nommé Kokopelli, leur propose de participer à un jeu : détruire 15 robots gigantesques venus détruire la terre.
Mais le jeu fait remonter à la surface les névroses des 15 enfants, et à mesure que les secrets enfouis resurgissent, la frontière entre fiction et réalité se fissure...

Mon avis sur l'anime

Une fois n'est pas coutume, je vais commencer par parler de l'anime. Tout simplement parce qu'il m'a beaucoup plus marquée que le manga et que ce que je vais dire pour présenter la série concernera généralement l'anime, donc voilà...
Concernant l'histoire : une entrée en matière rapide pour pénétrer rapidement au coeur du sujet. Du moins le croit-on. Les premiers épisodes présentent les premiers combats des enfants, puis ils apprennent que chaque combat leur coûtera la vie. Dès lors le récit prend une dimension autrement plus tragique : chacun, en effet, s'interroge sur le moment où son tour viendra et ce qu'il convient de faire du temps qui lui reste à vivre. Or, les vies de ces enfants sont très différentes les unes des autres, aux niveaux familiaux, scolaires, amicaux, expériences, sentimentaux. Certains savent ce qui leur importe le plus dans leur existence, d'autres se trouvaient déjà désorientés à la base et vivent encore plus violemment ce bouleversement. Ainsi, plusieurs pilotes nous sont présentés de façon indépendante, juste avant leur combat fatal : c'est l'occasion d'aborder des thèmes tantôt positifs, tantôt désespérants, des réactions également fort variées, concernant tantôt l'amour, l'amitié, la folie ou le désir de vengeance, montrant toute la profondeur d'une réalité humaine.
La série aurait pu rester sur cette voie et rester toujours aussi passionnante et émouvante, mais elle ne s'arrête pas là. Dès l'épisode 13 surviennent de nouvelles révélations terrifiantes et troublantes concernant le sens des combats et les adversaires des enfants ! La lutte prend alors une optique totalement différente et connaissant désormais la vérité, les personnages n'ont plus assez à se préoccuper de leur propre vie et de la Terre, ils s'interrogent également sur le bien-fondé de leurs combats et sur la cruauté des conséquences de leurs actes. Ce ne sont plus alors seulement la colère, le désir de révolte, la peur de la fatalité ou des regrets qui s'emparent d'eux, mais aussi l'hésitation, le dégoût de soi, le sentiment de culpabilité...
Dans Bokurano, les combats tiennent une place assez réduite pour une série de mecha ; ils interviennent essentiellement vers la fin de l'épisode et même durant leur déroulement, le comportement des pilotes reste nettement plus mis en avant que les mouvements du robot. C'est que le sujet n'est pas de présenter de somptueux combats dynamiques à effets spéciaux avec 3D intégrée, mais bien de fouiller l'âme humaine, sa diversité, sa grandeur, sa noirceur. Le quotidien des enfants prend ainsi un espace prépondérant dans la durée d'un épisode.
Dans l'ensemble, Bokurano est une série soigneusement construite. Entrée en matière rapide, introduction progressive, révélations fracassantes, l'anime présente les faits de façon progressive et bien agencée. Le cadre de la série a aussi été réfléchi précisément, et les enfants ne tardent pas à être repérés par les autorités qui viennent pimenter l'histoire avec de nouvelles préoccupations, plus technologiques et militaires. A ce jour je n'ai pas fini de le regarder aussi en suis-je encore à m'interroger sur ce qui peut bien se trouver au-dessus des pilotes : qui décide des combats, d'où viennent Kokopelli, Truckifouette et Zearth lui-même... J'espère ardemment que la suite sera à la hauteur de mes attentes.
Pour l'instant, je peux encore évoquer une bande-sonore particulièrement marquante, mention spéciale à un opening et un ending 2 incroyablement sublimes, mais le reste n'a pas grand chose à leur envier. Chaque épisode dégage une obscure impression d'oppression, de résignation et de noirceur.
Par rapport au manga, l'anime se permet d'inverser certains événements, notamment en introduisant plus tôt les policiers, de changer l'ordre des pilotes ou encore d'amortir un peu certains thèmes du manga en les présentant d'une autre façon ; mais en général j'ai presque toujours préféré la version de l'anime, qui vraisemblablement s'est attaché à corriger les défauts du manga. L'anime est donc parfois moins brutal mais pas moins choquant.
Pour l'instant, c'est de très loin un de mes plus grands coups de coeur, selon moi cette série est tout simplement incontournable.

Note : 10/10

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